Découvrez l’événement incontournable de l’Allier : l’Embouteillage de Lapalisse, un rendez-vous unique qui fait revivre les grandes épopées des départs en vacances sur la mythique Route Nationale 7, aussi appelée Route Bleue.

Depuis 2006, cet événement emblématique plonge les visiteurs dans une ambiance rétro grâce à des reconstitutions d’époque, des véhicules anciens, et un charme délicieusement vintage. C’est l’occasion idéale de revivre l’atmosphère des années 50 à 70, entre joie des départs estivaux et nostalgie de la route.

Pour l’édition 2024, embarquez avec nous à bord d’une magnifique Peugeot 204 cabriolet et plongez au cœur de cet événement unique en Europe. Une immersion parfaite dans l’histoire et l’insouciance des vacances d’autrefois vous attend. Ne manquez pas ce voyage dans le temps !

 

L’histoire de l’Embouteillage de Lapalisse : Une célébration de la mythique Nationale 7

Lapalisse, dominée par son majestueux château médiéval, est une cité qui a toujours été un carrefour des grandes routes historiques. Bien avant l’ère de l’automobile, des voies romaines, royales et impériales traversaient déjà cette région stratégique. En 1824, la ville entre dans la légende en devenant un point de passage sur la Nationale 7, une route désormais mythique qui reliait Paris à Menton, en passant par Lyon.

Dans les années 1950 et 1960, l’essor des congés payés et l’avènement des voyages motorisés transforment la N7. Ce qui était un axe commercial devient la voie des premières grandes aventures estivales. Le long de la route, les stations-service, auberges, restaurants et garages se multiplient pour accueillir les vacanciers. Rouler sur la N7, c’était déjà une promesse de liberté et d’évasion.

Avec le développement des autoroutes, la Nationale 7 perd progressivement de son importance. À Lapalisse, elle reste fréquentée par de nombreux poids lourds jusqu’en 2006, mais leur passage constant provoque des dégâts sur le château, forçant la création d’un contournement. La route est alors déclassée, marquant la fin d’une époque.

Pour lui rendre un dernier hommage, l’historien Thierry Dubois, passionné de vintage et fervent défenseur de la N7, propose à la municipalité d’organiser un dernier embouteillage à l’image des années 50-60. Ce premier événement rencontre un immense succès et devient, dès lors, une tradition biennale célébrant la nostalgie des départs en vacances des Trente Glorieuses.

Aujourd’hui, l’Embouteillage de Lapalisse est un événement emblématique, attirant des milliers de visiteurs venus revivre la magie des grandes épopées estivales sur la Route Bleue.

 

2024 : La 10e édition de l’Embouteillage de Lapalisse

Une immersion rétro unique : Lapalisse, créateur du genre

Chez ALEPOC, les reconstitutions de bouchons, on commence à bien les connaître ! Nous avons eu la chance d’être partenaires à deux reprises du Bouchon de la N9 à Clermont-l’Hérault. Redécouvrez notre immersion lors de l’édition 2024, où nous avons pris le volant d’une superbe Renault Super 5 Baccara (lire l'essai ici).

Cette année, nous avons également participé au Bouchon de Lavaur et au Bouchon de la RN20 à Cahors, en juillet. Nous avons adoré l’ambiance conviviale et ce côté Madeleine de Proust que ces événements véhiculent. Pourtant, il nous manquait un incontournable : le créateur du genre, le Bouchon de Lapalisse. Le rendez-vous était fixé du 8 au 10 octobre 2024 pour une édition exceptionnelle marquant le 10ᵉ anniversaire de l’événement.

Si les autres bouchons brillent déjà par leur diversité de véhicules et leur belle organisation, Lapalisse place la barre encore plus haut. Avec une sélection minutieuse des véhicules éligibles, l’ambiance reste fidèle à l’époque. La reconstitution est d’un réalisme saisissant, et les animations proposées sont d’une qualité remarquable.

Nous sommes arrivés le vendredi soir, veille du bouchon. Déjà, le village vibrait d’effervescence. À chaque pas dans ses rues pittoresques, notre regard était attiré par des détails délicieusement vintage : les voitures anciennes déjà stationnées, les vitrines des magasins décorées avec des objets d’époque, les publicités rétro comme celles de Vichy Célestins... Et bien sûr, le village rétro, véritable cœur des animations.

Les sourires illuminaient les visages des nombreux passants, qui profitaient des terrasses des cafés. L’atmosphère était chaleureuse et invitait à un véritable voyage dans le temps.

Un programme riche et varié pour tous les amoureux de vintage

Tout au long du week-end, Lapalisse a proposé des activités pour revivre les Trente Glorieuses dans une ambiance festive et conviviale :

  • Concerts swing et rock’n’roll, accompagnés de danses rétro ;

  • Un marché de producteurs locaux et un village marchand vintage ;

  • Saynètes de vie d’autrefois, comme le poste de gendarmerie et la boutique de mariage ;

  • Rétro camping, pour une immersion complète ;

  • Manèges anciens, brocante et vols en montgolfière ;

  • Une course de vélo vintage le samedi matin.

Un programme qui fait saliver, n’est-ce pas ? Nous n’avions qu’une hâte : plonger dans l’effervescence du bouchon dès le lendemain !

 

Le Bouchon de la N7 : immersion rétro à bord d’une Peugeot 204 cabriolet

Samedi 12 octobre, la campagne bourbonnaise s’éveille sous un ciel chargé de nuages, tandis que le vrombissement de plus de 850 véhicules anciens anime l’atmosphère. Tous ces passionnés se rassemblent pour le célèbre Bouchon de la N7.

Avant de converger vers Lapalisse et de revivre l’expérience des embouteillages d’antan, les participants se retrouvent dans l’un des cinq villages bordant la Nationale 7 : Lapalisse, Servilly, Droiturier, Le Breuil, Saint-Pierre-Laval, et Saint-Prix.

Premiers échanges à Saint-Prix

Nous avons choisi de débuter notre aventure à Saint-Prix. À peine garés sur le parking de rassemblement, les échanges passionnés s’enchaînent. C’est ici que nous rencontrons un propriétaire d’une Renault 16 de présérie, un véhicule rare au pedigree fascinant.

Cette Renault 16 verte a une histoire unique : avant sa présentation officielle au Salon de Genève 1965, Renault a confié des modèles de présérie à des cadres et équipementiers pour des tests en conditions réelles. Avec sa peinture d’origine et ses spécificités mécaniques, elle se distingue par une boîte de vitesses et un moteur différents de ceux des modèles commercialisés. Le détail ultime ? Un logo Renault discret sur le pare-choc avant, absent des versions définitives au lancement. Son propriétaire partage ses défis pour trouver des pièces détachées, rendant son entretien aussi complexe que passionnant.

Une immersion totale sur la Nationale 7

Au croisement de la N7, on découvre la Gendarmerie, déguisée et motorisée comme à l’époque, filtrant les voitures pour ne laisser passer que les anciennes.

À ce carrefour se dresse un café-restaurant à l’ancienne, l’Étape Bleue, bien connu des locaux, qui célèbre la N7 avec sa décoration vintage comme on les aime. Niveau immersion, on ne peut pas faire mieux, et on s’émerveille devant le balai de véhicules, tous plus beaux les uns que les autres.

La qualité des voitures et de la sélection nous plonge véritablement dans ces années bénies. La majorité du plateau est composée de voitures populaires françaises, qui côtoient des camions, des bicyclettes, des mobylettes, et quelques voitures étrangères venues d’Angleterre, d’Allemagne, des États-Unis, d’Italie ou de Suède.

Le départ en fanfare des gendarmes à bord de la Peugeot 204 break nous a poussés à regagner Lapalisse pour voir ce qu’il se passait. Nous avons donc remonté la N7 à pied, comme au bon vieux temps.

Longeant la N7, on s’imprègne de cette époque que Roger a parfaitement connue. Il reconnaît chaque voiture qui passe, des véhicules sur lesquels il a travaillé dans son atelier de rectificateur. Il s’émerveille également devant les camions rutilants : Unic, Willeme, et Berliet. Des camions qu’il a conduits au tournant de la Seconde Guerre mondiale !

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L’interview d’Andy : un héritage familial

Le long de cette N7, avec le pouce levé, nous avons eu la chance de faire une nouvelle rencontre : Andy, propriétaire d’une magnifique Peugeot 204 Cabriolet héritée de son parrain. Il a fallu jouer à Tetris pour tenir à trois dans cette petite voiture à deux places. J’ai trouvé un coin sur le compartiment dédié à la capote, mais c’est ça aussi l’esprit de ces départs en vacances : la liberté et l’insouciance.

Et parlant de bouchon, nous y voilà. Dans le centre de Lapalisse, les flux de véhicules venus des 30 kilomètres alentours s’engouffrent dans les rues étroites. Les trottoirs sont envahis par les visiteurs venus en masse assister à ce spectacle hors du commun.

Dans cette circulation au ralenti, la panne survient (ça ne serait pas du jeu sans ça). La bobine n’a pas bien rechargé. Ni une ni deux, on sort de la voiture pour la pousser en seconde, et soudain, le 4 cylindres 1 130 cm³ se réveille à nouveau. (découvrir nos pièces détachées pour Peugeot 204)

Cette parenthèse hors du temps nous permet de découvrir un peu plus sur Andy et sa 204 à l’histoire singulière. Voici son interview :

Présentez-vous.
« Je m’appelle Andy, je vis à Clermont-Ferrand, et comme beaucoup de Clermontois, je travaille chez Michelin depuis 35 ans, principalement sur les essais des pneumatiques pour leurs homologations. Avant cela, j’ai travaillé sur Renault Agriculture et pour les moteurs Mercury montés sur des hors-bords. Sinon, pendant mon temps libre, je suis pompier volontaire. »

Racontez-nous l’histoire de votre voiture.
« Cette Peugeot 204 Cabriolet a été achetée neuve par la mère de mon parrain à Agen en 1967. Je possède encore la facture d’achat. Je l’ai héritée de mon parrain en 2016. Elle n’a jamais été restaurée mécaniquement, seule la peinture a été refaite il y a 29 ans. Elle totalise actuellement 116 000 km et j’en prends grand soin. »

D’où vous vient votre passion ?
« Quand j’étais petit, j’aidais mon parrain à retaper des voitures. Je me souviens avoir démonté une Citroën 2CV pièce par pièce à seulement 10 ans. »

Avez-vous une anecdote liée à votre passion, à cette 204 ?
« Comme tout passionné, j’ai fait de belles rencontres, mais un événement marquant me revient à propos de la 204. Mon parrain me disait toujours qu’il ne voulait pas que sa 204 l’accompagne jusqu’au bout.
Au moment de son décès, je l’avais déjà récupérée et j’ai voulu me rendre à l’enterrement avec sa 204 pour lui rendre hommage. Eh bien, elle est tombée en panne sur le trajet et j’ai dû m’y rendre avec une autre voiture. Son souhait a donc été respecté : la 204 n’était pas présente pour sa dernière célébration. »

Que recherchez-vous comme pièces détachées pour votre voiture ?
« Pour la Peugeot 204, je n’ai pas vraiment de difficulté à trouver des pièces, sachant qu’elle roule moins de 1500 km par an. Il me faudrait peut-être une bobine, après notre panne dans le bouchon », s’exclame-t-il en riant. « Par contre, pour mon autre voiture, une Peugeot 205 GTI, j’ai des besoins en pièces de freinage. »

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?
« Que ça continue comme ça : faire des rencontres, faire vivre ce patrimoine roulant et peut-être retaper une Citroën 2CV en souvenir de mon enfance. »

 

À l’approche du déjeuner, on quitte Andy, qui, comme de nombreux autres participants, s’installe au bord de la route pour sortir sa table de pique-nique et prendre le temps de reposer son esprit et sa voiture.
On en profite pour rejoindre le restaurant L’Étape Bleu, qui propose en ce jour spécial un menu N7 agrémenté de clins d’œil sympathiques.

Une diversité impressionnante de voitures populaires

Après une belle pause, on reprend la route pour arpenter les rues de Lapalisse et découvrir la richesse du plateau de voitures. Les voitures populaires, qui ont souvent été les premières voitures des foyers, étaient en majorité. Citroën 2CV – dont l’un des tout premiers modèles –, Renault 4CV, Renault Dauphine, Simca Aronde et Peugeot 203 étaient largement représentées. Pour vous donner une idée de la variété des voitures présentes, il y avait toute la gamme de la Peugeot 203 : berline, découvrable, cabriolet, familiale, commerciale et pick-up. Juste génial !

Les participants jouent le jeu avec de nombreux accessoires d’époque : tenues vestimentaires, valises, remorques, etc. On se remémore les voyages en famille où nous étions jusqu’à six (ou plus) à l’intérieur, comptant les bagages, avec l’impatience que la mer soit enfin en vue. Les Citroën Traction, DS Break, Simca Versailles, Renault Frégate, Peugeot 403 et Peugeot 404 familiale sont parfaites dans leur rôle de voitures de voyage.

On a eu le plaisir de croiser de nombreux véhicules utilitaires, dont plusieurs avec des publicités d’époque. On a l’impression d’être dans un magasin de jouets à ciel ouvert. La proximité avec Clermont-Ferrand oblige, on a croisé quelques véhicules Michelin parfaitement restaurés (Citroën Acadiane, Renault Estafette et Peugeot 403 pick-up).

Les marques Yacco, Mammouth, Vélosolex et autres artisans locaux étaient également représentées comme il se doit, par des utilitaires tous plus beaux les uns que les autres.

Non loin de la belle station essence qui arborait à l’époque le panneau Total, on a croisé une exposition pour les 60 ans de la Renault 8 Gordini, dont nous avons récemment rédigé un article dédié.

À côté de cette station-service, on a aussi visité une collection privée qui exposait une belle sélection de voitures de toutes époques, avec un bel alignement de Peugeot mais aussi tous les accessoires de l’ancienne station Total.

La vie bat son plein, l’ambiance est formidable et l’engouement est tel que les participants viennent des quatre coins de la France, mais aussi d’Europe. On a croisé des Italiens, des Hollandais, des Belges, des Allemands et même des Américains ! D’ailleurs, pour illustrer l’état d’esprit, on a discuté avec un couple d’Allemands qui est venu par la route en Peugeot 203 familiale, sans GPS, en suivant uniquement les cartes. Incroyable !

Loin des tumultes du bouchon, dans le parc du château, un rassemblement de Citroën Traction pour ses 90 ans, organisé par le club La Traction Universelle, avait lieu.

On a retrouvé ce parc le lendemain pour un concours d’élégance, suivi d’une visite de la collection de l’Association des Véhicules Anciens, Industriels et Agricoles, d’où venaient la majorité des camions croisés dans le bouchon.

C’est sur cette visite que nous avons clôturé cet événement incomparable.

Bilan de l’Embouteillage de Lapalisse

L’Embouteillage de Lapalisse a tenu toutes ses promesses. L’immersion dans une époque révolue est une réussite totale, grâce à un plateau de véhicules riche et varié, des reconstitutions soigneusement réalisées, et une ambiance bon enfant reflétant la douceur de vivre des années passées.

Avec plus de 35 000 visiteurs rien que sur la journée du samedi, cet événement confirme son succès et prouve que la voiture populaire française continue de fasciner et de rassembler. Un véritable hommage à ce patrimoine roulant, célébré avec passion et authenticité. Vivement la prochaine édition !

Découvrez l'ambiance de l'embouteillage de Lapalisse avec notre vidéo Youtube ci-dessous

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