Des premières automobiles jusqu’au début des années 1990, le carburateur a été au cœur de la mécanique, assurant la préparation du précieux mélange air-carburant indispensable au fonctionnement des moteurs. Pièce maîtresse, fiable mais exigeante, il requiert un entretien régulier et rigoureux.

Dans notre guide de la carburation, découvrez son histoire, son fonctionnement et les bonnes pratiques pour son entretien.

Une brève histoire : aux origines de l’automobile

La carburation a évolué au rythme de l’automobile. Dès les années 1880, on en voit apparaître les prémices avec Édouard Delamare-Deboutteville, qui met au point un moteur monocylindre 4 temps moderne à allumage électrique, monté sur un tricycle en 1883.

En 1885, Karl Benz finalise son premier tricycle, le Benz Patent-Motorwagen. Conçu comme un véritable véhicule à part entière avec son châssis spécifique, il intègre tous les principes d’un moteur moderne, dont un carburateur rudimentaire : une simple cuve dans laquelle les vapeurs d’essence sont acheminées vers les cylindres avec le volume d’air nécessaire.

Dans les années 1890 apparaissent les carburateurs à léchage et à barbotage, notamment chez Delahaye. Dans les premiers, l’air traverse l’appareil en effleurant la surface d’essence. Dans les seconds, le tuyau d’admission descend jusqu’au fond de la cuve afin que l’air réchauffé y « barbote ». Lourds, encombrants et incapables de produire un mélange homogène, ces systèmes évoluent rapidement pour répondre aux exigences croissantes de l’automobile.

Cette décennie voit aussi naître le carburateur à giclage Daimler-Phoenix en 1893, puis, en 1896, l’invention par Amédée Bollée du carburateur automatique à gicleur noyé. Au tournant du XXᵉ siècle, le carburateur à flotteur ADER fait son apparition.

Pour améliorer l’homogénéité du mélange, un système de gicleur-compensateur est théorisé et breveté par M. Baverey en 1906. La carburation « moderne » était née. Les décennies suivantes n’ont cessé de perfectionner les carburateurs pour se rapprocher d’un fonctionnement idéal.

 

Les carburateurs pour les voitures populaires françaises

Dans l’histoire de l’automobile, trois grandes marques de carburateurs ont équipé nos constructeurs nationaux. Nous vous proposons aujourd’hui de retrouver ces modèles emblématiques dans notre catalogue en ligne.

Les carburateurs Zénith

La plus ancienne est la marque française Zénith, créée par le constructeur Rochet-Schneider en s’appuyant sur l’invention et le brevet de Baverey portant sur le carburateur compensateur.

Rapidement couronnée de succès, la marque se distingue par plusieurs innovations marquantes : le carburateur à triple diffuseur en 1921, le carburateur inversé en 1930, ou encore l’introduction du starter en 1932 (un an après Solex).

Zénith devient alors la marque de prédilection des Renault populaires, notamment à partir de la Renault Dauphine.

 

Les carburateurs Solex

En 1910 naît un autre fleuron français de la carburation et de l’équipement automobile. Fondée par Maurice Goudard et Marcel Mennesson, Solex connaît des débuts difficiles avant de s’imposer sur le marché. Le tournant vient grâce à une invention maison : le micromètre pneumatique, qui permet de produire des carburateurs parfaitement identiques et donc d’assurer l’interchangeabilité des pièces.

Cette régularité de fabrication, associée à leur fiabilité, propulse les carburateurs Solex sous les capots de nombreuses marques à travers le monde, grâce à un réseau de filiales implantées aux quatre coins du globe.

On retrouve ainsi des carburateurs Solex sur les Peugeot, Renault, Simca et Citroën. Chez Alepoc, nous proposons un large choix de pochettes de joints, ainsi que des carburateurs Solex pour de nombreuses voitures françaises d’époque.

Si vous entretenez ou restaurez une Renault ancienne équipée d’un carburateur Solex, découvrez notre stock ici : lien vers la sélection Solex.

Parmi toutes nos références, vous retrouverez notamment :

-       Joint de carburateur Solex 22 ICBT (sans membrane) pour Renault 4CV (Voir le produit)

-       Joints de carburateur Solex 32 DISTA / DITA / DITA4 / PDIST pour Renault 8, R10, Caravelle et Floride S (Voir le produit)

-       Joints de carburateur Solex 28 IBT pour Renault Dauphine, Floride, Juva 4 ou Estafette (Voir le produit)

-       Joints et carburateur Solex 32 EISA / SEIA / EISA4 / SEI pour Renault R4, R5, R6, R8, R10, R12, R14, R18 et Fuego

o   Voir les joints

o   Voir le carburateur

 

Peugeot a également équipé de nombreux modèles, de la Peugeot 203 à la Peugeot 205, de carburateurs Solex. Si vous restaurez une petite lionne, jetez un œil à notre stock. Parmi les références, on retrouve par exemple le carburateur Solex 34 PBISA (9, 14) monté sur les Peugeot 204, 304 et 305, dont la pochette de joints est actuellement en promotion (voir le produit).

 

Citroën n’est pas en reste, avec au moins une version de chaque modèle de sa gamme équipée d’un carburateur Solex, de la mythique 2CV à la majestueuse DS. (voir la sélection Solex pour Citroën).

 

Très populaire pendant les Trente Glorieuses, Simca s’est elle aussi largement fournie chez Solex pour équiper ses Simca 1000, Aronde et ses modèles de l’ère Chrysler puis PSA (voir la sélection Solex pour Simca).


On retrouve par exemple les joints des carburateurs
Solex 32 BISA (6, 7, 8) et 32 PBISA (11) montés sur les Simca 1100, 1500, Horizon, Talbot Samba…

 

Les carburateurs Weber

 

Le nom Weber résonne comme un synonyme de course, de vitesse et de performance. Derrière cette appellation se cache Edoardo Weber, qui fonde son entreprise en 1923 pour fournir principalement Fiat.

Passionné de compétition, Edoardo imagine une solution innovante pour accroître les performances de sa voiture de course : alimenter chaque cylindre indépendamment. Cette idée donne naissance au carburateur multicorps, et notamment au double corps en 1930. Les résultats parlent d’eux-mêmes : toutes les écuries de course veulent alors leurs Weber.

Reconnaissables à leurs trompettes iconiques et à leur sonorité si caractéristique, les carburateurs Weber se retrouvent sur de nombreuses petites sportives et voitures de caractère à la française. On croise notamment :

  • Les Weber 32 DIR : montés sur les Renault 5 Alpine, toutes les Renault TS (R5, R12, R15, R16, R17) et même sous le capot de l’Alpine A110 1600 (voir la pochette de joints)

  • Les dernières petites sportives à carburateur avant l’ère de l’injection, comme les Citroën AX Sport et Peugeot 205 Rallye (voir le kit de joints)

 

Le fonctionnement simplifié d’un carburateur

 

Le rôle du carburateur est de préparer un mélange optimal d’air et de carburant avant son envoi dans la chambre de combustion.

On en trouve sous différentes versions — simple corps, double corps — et avec diverses configurations : horizontale, verticale ou inversée.

 

D’apparence simple, son principe repose sur la loi de Venturi : le passage de l’air dans un conduit resserré crée une dépression, qui aspire alors l’essence contenue dans la cuve du carburateur afin de former le mélange air-carburant.

 

Cependant, un moteur ne fonctionne pas de manière identique dans toutes les conditions. Il a donc fallu adapter le carburateur pour répondre aux besoins spécifiques du démarrage à froid, du ralenti et des accélérations franches.

Ainsi, un carburateur comporte généralement deux circuits :

  • Un circuit de ralenti pour les bas régimes

  • Un circuit principal qui prend le relais à mesure que le régime augmente, aidé si besoin par une pompe de reprise lors de fortes accélérations

 

Principe de fonctionnement

  1. L’essence provenant du réservoir passe par un filtre avant d’entrer dans la cuve du carburateur. Le niveau y est régulé par un flotteur et un pointeau, qui s’ouvre ou se ferme selon les besoins.

  2. L’air est aspiré de l’extérieur, filtré, puis entre dans le carburateur en quantité variable selon la position de l’accélérateur. C’est le boisseau (ou papillon) qui contrôle cette arrivée d’air.

  3. L’air traverse le diffuseur, créant une dépression qui aspire l’essence via les gicleurs.

  4. Au démarrage à froid, un dispositif de starter enrichit le mélange en carburant pour faciliter l’allumage.

L’objectif est toujours de produire un mélange le plus homogène possible afin d’éviter les désagréments liés à un mélange trop riche (excès de carburant) ou trop pauvre (excès d’air).

 

Les problèmes de la carburation : comment les détecter

 

Fiable et d’apparence simple, le carburateur nécessite néanmoins un réglage minutieux pour éviter toute dégradation du moteur.


Si vous observez l’un des signes suivants, n’attendez pas pour réviser votre carburateur… mais inspectez aussi votre moteur, car ces symptômes ne lui sont pas exclusivement liés :

  • Difficulté à démarrer

  • Trous à l’accélération

  • Ralenti irrégulier

  • Consommation excessive de carburant

  • Fumée noire à l’échappement

Entretenir régulièrement le carburateur de votre voiture populaire est primordial pour éviter d’endommager gravement son moteur. Suivez notre guide pour connaître les bonnes pratiques.

 

Comment entretenir son carburateur ?

Entretenir et nettoyer régulièrement son système de carburation permet de préserver votre voiture française le plus longtemps possible.


L’objectif est de démonter le carburateur pièce par pièce afin de procéder à un nettoyage complet.

 

Étapes d’entretien :

  1. Déconnectez le carburateur des câbles d’accélérateur et de starter.

  2. Retirez le filtre à air et profitez-en pour le nettoyer ou le remplacer si nécessaire.

  3. Nettoyez les pièces à l’essence ou avec un produit spécifique pour carburateurs.

  4. Contrôlez régulièrement l’état des joints et remplacez-les grâce à nos pochettes de joints disponibles pour de nombreux modèles.

  5. Réassemblez soigneusement l’ensemble.

  6. Réglez les gicleurs et la vis de richesse pour optimiser le mélange air-carburant.

⚠️ Le réassemblage et le réglage exigent beaucoup de minutie pour éviter tout dommage et garantir une carburation optimale. En cas de doute, n’hésitez pas à confier cette opération à votre garagiste préféré.

 

La carburation, symbole d’une époque

Longtemps adulé et largement adopté, le carburateur a suivi les évolutions de l’automobile pour se perfectionner, cherchant sans cesse à offrir les meilleures performances, y compris sur les moteurs de course.


C’est cette même évolution qui l’a aussi conduit à sa disparition : l’adoption des normes européennes sur les émissions polluantes et l’arrivée du pot catalytique l’ont condamné sur l’autel de l’injection électronique.

 

Le carburateur reste aujourd’hui le symbole d’une époque révolue, où l’automobile était plus capricieuse, mais où l’on pouvait apprivoiser le temps et la mécanique à sa guise.

Entretenir les carburateurs de ces voitures populaires, c’est préserver un patrimoine vivant et transmettre, avec la machine, les savoir-faire qui l’accompagnent.

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