Depuis l'invention de la roue, l'homme a été confronté à un défi majeur : celui de stopper le mouvement de manière contrôlée. Pendant de nombreux siècles, les véhicules à roues étaient principalement tractés par des animaux, nécessitant ainsi un moyen de les freiner manuellement en cas d'urgence. La transformation de l'énergie cinétique en énergie thermique par friction a représenté le défi majeur pour tout inventeur de machine roulante.

Pendant longtemps, la solution la plus courante était le frein à sabot, actionné directement par un levier. Ce système, bien que largement utilisé, était peu endurant et se salissait facilement avec les dépôts accumulés sur les roues. Même les premières automobiles étaient équipées de ce système peu efficace. Cependant, le développement continu des véhicules et l'amélioration de leurs performances ont incité de nombreux inventeurs à rechercher des solutions de freinage plus efficaces et adaptées à ces nouveaux besoins.

L’apparition du frein à tambour

 

La première grande avancée survient du côté de Billancourt, où un certain Louis Renault invente en 1902 le frein à tambour. Ce système est simple : deux mâchoires solidaires à l'essieu viennent frotter contre le tambour fixé à la roue. Son faible coût et sa relative efficacité ont permis à cette invention de perdurer jusqu'à nos jours. Initialement, le système était actionné par câble. Il a fallu attendre 1919 pour voir apparaître une commande hydraulique pour le freinage, d'abord sur les avions Lockheed, puis sur des voitures en 1924.

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Bien que le frein à tambour représente une amélioration par rapport au frein à sabot, il n'est pas sans inconvénients. On constate un encrassement fréquent dans un environnement confiné, une faible résistance à la chaleur en raison du manque de ventilation, et une précision de freinage médiocre.

 

Les prémices du frein à disque

 

Parallèlement, d'autres visionnaires de l'industrie automobile cherchaient des alternatives pour le système de freinage. Les prémices du frein à disque remontent au début du XXe siècle en Angleterre chez Lanchester, qui équipa l'une de ses voitures d'un système de freinage utilisant un disque en cuivre, positionné en sortie de boîte de vitesses. Cependant, les coûts élevés des matériaux et la difficulté à résister aux routes difficiles d'Angleterre ont mis de côté cette invention.

En 1925, Albert Girling dépose un brevet pour un frein à disque qui ne trouve pas immédiatement d'application dans le domaine automobile. Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, la marque peu connue Crosley équipa certaines de ses voitures de freins à disque dès 1949, mais de manière temporaire. Pour voir véritablement l'émergence du frein à disque sur le marché, il a fallu attendre la victoire de la Jaguar Type C, équipée de freins à disque Dunlop-Girling, aux 24 heures du Mans en 1953. Cette avancée provenant de la compétition qui permettait une meilleure endurance au freinage a ensuite été adaptée à la route.

En 1955, lors du Salon de l'Automobile de Paris, un véritable OVNI automobile a été dévoilé : la Citroën DS. Cette voiture a déchainé les foules avec son design futuriste et ses innovations, parmi lesquelles figuraient les freins à disque. Elle a été la première voiture de série à être équipée de freins à disque à l'avant.

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Cependant, du côté de Sochaux et chez de nombreux autres constructeurs, les voitures continuaient à être équipées de freins à tambour. Les Peugeot 203 et Peugeot 403 utilisaient ce système de freinage de manière similaire aux autres voitures. Un maître-cylindre convertit la pression exercée sur la pédale de frein en force hydraulique, distribuée aux différentes roues via des flexibles de frein, actionnant ainsi les cylindres de roue composés d'un piston qui pousse les mâchoires des tambours.

Ces différentes composantes peuvent s'user, se craqueler et se corroder avec le temps. Il est donc essentiel de vérifier ces éléments, surtout sur une voiture ancienne. Il est nécessaire de remplacer régulièrement les mâchoires des tambours et de dépoussiérer l'ensemble du système. Pour vous aider à maintenir un système de freinage sûr, nous proposons un large éventail de pièces de freinage pour les véhicules français d'époque, notamment pour les anciennes Peugeot.

En 1965, la gamme Peugeot s'est élargie avec l'introduction de la Peugeot 204. Cette petite voiture a été révolutionnaire pour son constructeur, étant la première Peugeot à être équipée en série de freins à disque à l'avant, bien que la gamme supérieure ne le soit toujours pas (découvrez ici les pièces de freinage pour Peugeot 204).

 

L’évolution du freinage des Peugeot 404

 

L'évolution du système de freinage sur la Peugeot 404 a suivi un cheminement intéressant. Lors de sa sortie en 1960, la voiture était équipée de freins à tambour, mais les critiques se multipliaient, notamment face à la Citroën DS, déjà présente sur le marché depuis cinq ans.

En 1964, Peugeot a partiellement répondu à ces critiques en proposant en option des tambours assistés dits « thermostables », mais cette amélioration était uniquement disponible sur les versions 1,6 litres essence. Ces tambours thermostables ont été montés en série à partir de 1966. Vous pouvez retrouver nos pièces détachées pour les tambours thermostables dans la section consacrée à la Peugeot 404.

Ce n'est qu'en juillet 1967 que les freins à disque de type Girling ont finalement fait leur apparition, mais uniquement sur la Peugeot 404 -8 Confort. Cependant, ce n'est qu'en octobre 1968 qu'ils ont été montés en série sur toutes les versions berlines essence de la 404. Les versions diesels et les breaks sont restés fidèles aux tambours (lire l’article Faire un break au volant d’une Peugeot : l’histoire de voitures familiales).

Quatre freins à disque sur la Peugeot 504

L'année 1968 coïncide avec le lancement de la Peugeot 504 qui a été directement conçue avec des freins à disque aux quatre roues en série, comme mentionné dans son récit historique (lire l'histoire de la Peugeot 504 : une berline révolutionnaire ?).

Les freins à disque ont largement contribué à la réputation des Peugeot sur la route, offrant une progressivité accrue et un meilleur système de refroidissement. Il est essentiel de vérifier régulièrement l'épaisseur des plaquettes de frein, en veillant à ce qu'elles ne descendent pas en dessous de 3 mm. La surface du disque doit être inspectée pour éviter tout voilement ou creusement, assurant ainsi un freinage optimal.

Dans le but d'améliorer davantage l'endurance, Peugeot a adopté des freins à disque ventilés sur l'essieu avant de la Peugeot 604 en 1975. Ces disques comportent un espace central permettant la circulation de l'air, favorisant ainsi la dissipation de la chaleur.

Depuis lors, les fondements du système de freinage n'ont pas connu d'évolution majeure, si ce n'est dans la conception et les matériaux utilisés. Les modèles phares de Peugeot sont toujours équipés de quatre freins à disque, tandis que les petites citadines disposent de freins à disque à l'avant et de tambours à l'arrière.